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Histoire des collections

Jusque dans les années 60, les collections sont centrées sur les arts et traditions populaires d’une France rurale, préindustrielle, illustrations de la diversité régionale.

De 1936 aux années 60, Georges Henri Rivière s’attache à constituer le «Mémorial » d’un France rurale en voie de disparition, sous deux aspects principaux : vie sociale et culturelle (religion, rites et fêtes calendaires, croyances et rapport au sacré, pratiques relatives au corps et à la santé, rites de passage, de la naissance à la mort) et culture matérielle : agriculture, élevage, artisanat rural, collectes sur le mobilier régional, l’architecture rurale, la vie domestique des provinces de France, l’alimentation, les usages du foyer, les moyens de transport ruraux.

Les « chantiers intellectuels » menés à partir des années quarante produisent 15 500 dossiers documentaires comportant relevés, croquis, photographies, moulages, et rassemblent des centaines de meubles, des milliers d’outils et d’ustensiles domestiques, des dizaines d’ateliers d’artisans parmi lesquels potiers, facteurs d’instruments de musique, forge du plus haut village d’Europe, Saint-Véran, atelier d’un tourneur sur bois de la forêt de la Fresnaye (Sarthe) ainsi que plusieurs unités d’habitation qui seront intégralement reconstituées dans la galerie d’exposition permanent du musée : maison d’un couple d’artisans de Goulien (Finistère) ou « buron » de l’Aubrac (ferme où s élaborait le fromage). Ces ensembles (unités « écologiques »), toujours en place, préfigurent les écomusées et serviront de référence muséographique au monde entier.

Après la seconde guerre, une collecte menée par Pierre Soulier aboutit à sauver le patrimoine du théâtre de marionnettes français, concurrencé par le cinéma et bientôt la télévision : des théâtres entiers, des décors, des milliers de marionnettes sont alors collectées.

Un fonds original consacré à la chanson française recueille des reliques insignes, du canotier de Maurice Chevallier à la dernière robe de scène d’Edith Piaf, de la ceinture de bananes de Joséphine Baker à l’ensemble porté par la jeune chanteuse Françoise Hardy pour la première collection de haute couture, révolutionnaire, d’André Courrèges !

Dans les années 70-90, les thèmes et les domaines s'élargissent.

L’engouement du public pour la France rurale suscite à l’époque de nombreux dons, tandis que les collectes programmées s’orientent vers de nouveaux objets :

- l’artisanat urbain (300 objets témoins d’une industrie de fleurs artificielles acquis en 1972),

- les métiers d’art (chapelier, gantier, mercière, brodeur, fourreur, perruquier : l’exposition « Artisans de l’élégance », circule dans 7 musées français et Jacques Mouclier président de la Confédération française des métiers d’art, devient président de la Société des amis du musée. Une attention particulière sera portée aux métiers travaillant des matériaux menacés de disparition car provenant d’espèces animales protégées, comme l’ivoire, le corail ou l’écaille.

- les commerces (enseignes, placards publicitaires). De singuliers ensembles sont rassemblés comme le contenu d’un magasin parisien de farces et attrapes. L’établissement public d’aménagement des Halles recueille pour le musée plusieurs dizaines de décors de boutiques du quartier, datant souvent du 19èmle siècle, démolies à l’époque.

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29/08/08
 
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