Les grandes étapes
1935-1937 : création du musée des Arts et Traditions populaires : un musée laboratoire
Le musée d’ethnographie du Trocadéro, devenu vétuste, est fermé en 1928. Le Palais du Trocadéro, démoli à partir de 1935, est remplacé en 1937 par le Palais de Chaillot, construit par Azema, Carlu et Boileau pour l’Exposition internationale. Les collections ethnographiques de l'ancien MET sont partagées entre le musée de l’Homme (MH) et le musée (national) des arts et traditions populaires (MNATP). Paul Rivet, sous-directeur du MET depuis 1909, prend la direction du MH, Georges Henri Rivière, son adjoint depuis 1928, celle du MNATP. Dans les deux établissements, la recherche occupera toujours une place centrale, ce qui fera d’eux des "musées-laboratoires" : associer recherches et collectes, privilégier la contextualisation des objets selon des préceptes scientifiques élaborés au MET…La volonté de Rivière de lier l’ethnographie à l’histoire et à l’archéologie est manifeste dès les débuts du MNATP. Cet intérêt s’est poursuivi jusqu’à ces dernières années.
1954 : Le Palmarium du Bois de Boulogne est attribué au MNATP. Ce bâtiment en fer et en verre, qui se révèle inapte à accueillir le nouveau musée, doit être démoli. Sur son emplacement un nouveau bâtiment sera construit par l’architecte Jean Dubuisson, élève de Le Corbusier, secondé par Michel Jausserand.
1966 : Institutionnalisation de la recherche au MNATP
Par convention entre la Direction des Musées de France et le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), est créé le Centre d’Ethnologie française (CEF). document visuel
1969 : Achèvement du bâtiment
1972 : Ouverture de la Galerie d’étude du MNATP
Par sa présentation systématique, la Galerie d’étude s’adresse plus particulièrement aux spécialistes, aux étudiants et aux collectionneurs. Elle se compose de vitrines consacrées à des thèmes relatifs à la culture populaire française et aux processus technologiques de la société préindustrielle. La conception de la Galerie d’étude est fortement marquée par les travaux d’André Leroi-Gourhan.
1975 : Ouverture de la Galerie culturelle
La Galerie culturelle s’adresse au grand public. La perspective en est synthétique et la présentation novatrice. Elaborée par Georges Henri Rivière, avec le concours de Claude Lévi-Strauss, elle évoque la culture matérielle et immatérielle de la France rurale. Une partie importante est consacrée à la société et à sa relation au symbolique.
1975 : Introduction des outils informatiques
Philippe Richard, ingénieur des Mines, devient responsable du service informatique. Une équipe de conservateurs, chercheurs et informaticiens du musée crée, en 1975, la première base de données du ministère de la Culture, consacrée à la collection des objets domestiques français. Il s'agit, pour la première fois dans un musée, de mettre en œuvre un traitement automatique de l'information scientifique. La description des objets utilise un vocabulaire normalisé. Ce travail débouchera sur une importante publication : le système descriptif des objets domestiques.
2001: Décision de transformer le MNATP en musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée
La chute durable de la fréquentation impose de « réinventer » le MNATP, par ailleurs devenu trop étroit. Il est décidé l’élargissement de son territoire géographique (l’Europe et la Méditerranée), en lien avec le musée du Quai Branly. Son domaine chronologique (du moyen âge au contemporain), en complémentarité avec le musée de l’archéologie nationale, son champ social (ville et campagne, civilisation et non seule culture populaire), et ses moyens méthodologiques (l’ensemble des sciences sociales, même si l’ethnologie reste la discipline centrale) sont également étendus. Le départ de Paris est accepté comme une conséquence logique de cette transformation, Marseille, le Fort Saint-Jean et le môle J4 prenant une force symbolique particulière en regard du thème du nouveau musée.
2005 : Fermeture des galeries du MNATP
La fermeture du MNATP est décidée pour faciliter le travail de conception et de préparation du MuCEM. Une équipe s’installe à Marseille pour gérer le projet et réaliser des expositions de préfiguration dans la Tour du Roy René au Fort Saint-Jean.
Hommage à Georges Henri Rivière
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Discours de Georges Henri Rivière (1975) et improvisation au piano, Paris (1950)
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