Un morceau du mur de Berlin, a rejoint les collections du Mucem depuis le 23 avril 2009, don de la ville de Berlin au musée. Cette acquisition est emblématique pour le musée à double titre ; emblématique de l’histoire des villes déchirées par l’idéologie des hommes ; emblématique de la collection graff du musée car le mur de Berlin a été visité et marqué de nombreuses inscriptions, fresques et graff.
Cette acquisition revêt un intérêt très fort pour les collections du musée, doublement, car elle intéresse à la fois la collection graff et l’axe - ville - du musée:
La ville : Berlin, ville bombardée puis occupée par les forces alliées en 1945. Un mur édifié le 15 août 1961 par les occupants communistes a séparé l’est de l’ouest, jusqu’à cette date que nous en avons tous gardée en mémoire, le 9 novembre 1989, où il a été abattu. Nombreux ont été les Berlinois qui laissèrent leur vie en tentant de passer à l’ouest. Le musée du Check Point raconte cette histoire.
Ce thème des villes coupées ou en guerre pour des raisons politiques, nationalistes, religieuses concerne les problématiques du musée. L’histoire de Berlin et de l’Allemagne n’est pas unique en Europe et Méditerranée (ni dans le monde) ; on pense à Nicosie, à Mostar, à Jérusalem, au Liban…
La ville de Berlin conserve cette mémoire, par le musée du Check Point donc, mais aussi par le musée de la Stasi et le récent musée consacré à la vie quotidienne à Berlin est.
Le mur reste un symbole matériel de cette période. Même si l’ensemble a été démoli, une partie est conservée, East Side Gallery.
Le graff : C’est dire combien pour les graffeurs, ce mur fait partie de l’histoire européenne. Ils y ont posé des graffs, simples tags ou fresques, et se plaisent à voir sur East Side Gallery, les signatures des anciens. Des graffeurs berlinois racontent qu’à la chute du mur, les est-Berlinois, comme toute l’Europe de l’est, ont découvert le graff. Aujourd’hui, cette galerie fait partie de la promenade des berges de la rivière Spree.
Un morceau du mur, panneau de 1m sur 3m, a rejoint la collection graff du musée, collection liée à une recherche débutée en 2001.
Cette acquisition enrichit la collection graff et réaffirme le rôle du musée, comme lieu de mémoire et de transmission, lieu de réflexion sur des questions de sociétés et d’histoire des hommes ainsi que sa fonction de musée citoyen.

