Les acquisitions permettent d’enrichir les collections avec des objets ou documents dont l’intérêt culturel, social, artistique ou historique est suffisant pour justifier de leur entrée au musée. Chaque projet d’acquisition est présenté par un membre de l’équipe du musée et est soumis à deux commissions. La première est composée du personnel scientifique du musée qui décide de l’intérêt de l’acquisition de l’objet en fonction des domaines de compétence du MuCEM. La seconde rassemble des spécialistes français et internationaux extérieurs au musée qui évaluent l’intérêt de l’objet et qui décide finalement de son entrée ou non dans les collections. Ce double système de contrôle permet de garantir la légitimité des acquisitions.
Plusieurs modes d’acquisition sont possibles.
Le musée peut tout d’abord faire l’objet de dons. Dans ce cas, un particulier, une association, une société, etc… proposent un ou plusieurs objets qu’ils pensent pouvoir intéresser le musée. Il s’agit alors d’un mode d’acquisition à titre gratuit, que le musée peut refuser s’il considère que l’objet n’est pas assez intéressant, qu’il est redondant avec des collections existantes…
Viennent ensuite les modes d’acquisitions à titre onéreux. Le musée peut en effet acheter un objet à un particulier ou dans une galerie. On convient alors d’un prix avec le vendeur. Le musée peut également se porter acquéreur en vente publique. Deux solutions s’offrent alors à lui : on peut réaliser un achat simple, c’est-à-dire que le musée va participer aux enchères dans la limite d’une somme définie à l’avance qu’il ne pourra pas dépasser, ou bien on utilisera le droit de préemption. Ce droit est réservé aux musées nationaux pour l’achat de pièces d’exception. Le musée ne participe alors pas aux enchères : on attend que l’adjudication ait été prononcée et on annonce publiquement la préemption. Le musée se substitue alors à la personne qui avait remporté l’enchère et achète la pièce au prix de l’adjudication.
Dans tous les cas, les acquisitions, qu’elles soient onéreuses ou non, sont soumises à l’avis des commissions précédemment citées. Le MuCEM bénéficie enfin d’un dernier mode d’acquisition, unique dans le monde des musées nationaux français, les campagnes-collectes. Chaque année, le musée décide de grands thèmes culturels qui devront faire l’objet d’une campagne de recherche, campagne qui s’accompagnera de l’acquisition d’objets en rapport avec ce thème. Ces collectes permettent ainsi d’acquérir des objets qui sont parfaitement documentés puisque inclus dans un processus de recherche sur le terrain par des ethnologues.
Emilie Girard